Suivez-vous la tendance des «meilleures pratiques»?

Lorsque j'étais plus jeune, je me souviens avoir lu une histoire qui m'a marqué. C'était à propos d'une jeune femme qui préparait un repas dans le temps des Fêtes. Cette histoire m'a marqué autant dans ma vie personnelle que professionnelle.

Et ça allait comme suit :

Une jeune femme préparait son jambon à aller au four. Son mari la regardait couper les deux extrémités du jambon avant de le mettre dans la rotissoire. Comme son mari trouva cela bizarre, il lui demanda: « Pourquoi est-ce que tu coupes les extrémités du jambon? »

Elle fit une pause pendant un moment et lui répondit: « Je ne suis pas certaine du pourquoi mais c'est ce que ma mère a toujours fait. » Alors qu'elle s'apprêtait à mettre son jambon dans le four, la question du « pourquoi » ne cessait de se répéter dans son esprit.

Conséquemment, elle décida donc d'appeler sa mère pour savoir pourquoi elle coupait les extrémités de son jambon avant de le mettre au four. La mère répondit: « Je ne sais pas vraiment pourquoi. C'est ce que ma mère a toujours fait, donc, c'est comme ça que je l'ai toujours fait. »

Leurs curiosités étaient maintenant enflammées...

Afin d'aller au fond de ce mystère, la jeune femme appela sa grand-mère. Comme elle partageait la raison de son appel avec sa grand-mère, sa grand-mère éclata d'un fou rire. Après quelques secondes, elle reprit son souffle.

Bien sûr, la jeune femme lui demanda ce qu'il y a avait de si drôle. « Oh mon dieu », dit la grand-mère en riant toujours, « la raison pour laquelle je coupais les extrémités de mes jambons était que ma rotissoire était trop petite et je ne pouvais pas le mettre dedans autrement. »

La leçon que j'ai tirée de cette histoire était de toujours savoir pourquoi je faisais ce que je faisais.  Finalement, j'ai réalisé que cette histoire est une mise en garde sur le fait que nous tombons aveuglément dans le piège des « meilleures pratiques » au détriment de nous-mêmes et de notre business.

L'histoire du jambon illustre bien qu'il peut y avoir des failles au sujet des soi-disants meilleures pratiques:

Les meilleures pratiques sont nécessairement d'anciennes pratiques

Pour qu'une pratique atteigne le statut de « meilleure pratique », il faut, au départ, qu'une personne ou un groupe de personnes crée une nouvelle pratique. C'est souvent dans le cadre d'un projet dans une entreprise ou d'une expérience de vie qui résulte en une nouvelle façon de faire.

Évidemment, les résultats sont documentés sur une certaine période de temps.

Éventuellement, les résultats sont partagés avec d'autres personnes. Puis, encore plus de gens entendent parler de la pratique et décident de commencer à la suivre. Par la suite, ils en viennent à convaincre leur équipe ou entourage de mettre en œuvre cette pratique.

Naturellement, cela prend du temps. Parfois, beaucoup de temps. Et cela peut souvent prendre un certain temps avant même que nous en entendions parler.

En tant qu'entrepreneur nous devons développer la capacité de s'adapter et de réagir positivement au changement. C'est une compétence critique afin de survivre. Se tourner vers les « meilleures » pratiques est comme de regarder vers le passé pour trouver des solutions à des problèmes qui existent seulement dans le futur.

La valeur d'une pratique est contextuelle et dépend uniquement de la situation

Dans l'histoire, pour la grand-mère, couper les deux extrémités du jambon était efficace étant donné que sa rotissoire était trop petite. Elle a réagi à la grosseur de sa casserole et à adapter le jambon. C'était la meilleure pratique pour elle dans cette situation.

Dès que sa fille, qui avait accès à une plus grande casserole, a commencé à copier cette pratique, elle est devenue illogique et inutile. Nul besoin de dire que nous ne pouvons plus définir cette pratique de « meilleure pratique ».

Les journaux, les blogs et les conférences mettent en évidence des « études de cas ». Des exemples de réussite que nous pouvons imiter. Nous entendons régulièrement les histoires d'entreprises, de coachs ou de mentors concernant la réalisation de leur incroyable succès.

Et notre instinct est de prendre leurs pratiques et de les appliquer à notre propre business parfois sans comprendre pourquoi ils l'ont fait. C'est l'équivalent de voir la grand-mère couper les extrémités de son jambon et décider que c'est ce que je devrais faire moi aussi.

Mon intention n'est nullement de discréditer le coaching ou le mentorat puisque je suis convaincue de sa pertinence. Personnellement, j'investis des milliers de dollars annuellement pour mon développement et celui de mon entreprise.

C'est plutôt de prendre une décision éclairée et d'oser poser toutes ses questions. Aussi, il est important de la baser consciemment sur nos intentions et objectifs fixés. Assurez-vous d'assumer totalement votre choix avant d'investir du temps, de l'énergie et de l'argent dans un quelconque programme.

S'arrêter à tous les facteurs

Ainsi, le problème est que nous comprenons rarement la situation complexe dans laquelle ces pratiques ont été conçues et mises en œuvre. La vraie valeur dans les études de cas est de comprendre le processus de pensée. Et surtout, l'approche utilisée pour arriver à une solution efficace pour notre business.

Pour ce faire, il faut utiliser la stratégie la plus efficace employée par les enfants de 3 ans et demander « pourquoi » encore et encore. Cela ne veut pas dire que leur pratique ne soit pas la meilleure pour vous. Mais il faut savoir pourquoi on veut la faire.

Avant de passer à l'action, il faut aussi s'attarder à nos valeurs, à nos croyances et à notre intuition. Il y a peut-être du développement personnel à faire au niveau de croyances limitantes. Également, il peut y avoir des ajustements à apporter à la pratique avant de la mettre en place dans notre business.

Est-ce que toutes les « meilleures pratiques » sont mauvaises?

Lorsqu'on étiquette quelque chose comme une bonne pratique, cela ne signifie pas que ce n'est pas une bonne idée. Cela pourrait très bien être une approche ou une solution utile. Ce n'est pas la pratique elle-même qui est illogique. Mais, c'est plutôt le besoin de la qualifier de « meilleure ». Il est là le problème.

L'étiquette de « meilleure pratique » peut nous rendre intellectuellement et créativement paresseux. Pensez à combien de fois vous vous êtes entendu poser la question : « Quelle est la meilleure pratique pour ce genre de situation? ».

En réalité, vous devriez faire confiance à votre intuition, à vos compétences et celles de votre équipe pour résoudre un problème. Soyez prudent avant de vous tourner aveuglément vers une solution créée par l'équipe de quelqu'un d'autre dans un contexte totalement différent.

Repousser les meilleures pratiques

Se libérer du « culte » des meilleures pratiques est une première étape cruciale pour nous rendre, nous-même et notre équipe, plus créatifs et innovants.

Pour se faire, voici quelques endroits simples où débuter :

1.  Demandez le plus rapidement et le plus souvent possible « pourquoi? »

Si vous ne savez pas pourquoi un processus ou une pratique est en place ou est offert comme étant une « meilleure pratique », demandez pourquoi.

Et continuez de demander pourquoi jusqu'à ce que vous trouviez une raison valable pour l'appliquer ou pour la rejeter.

2.  Soyez clair sur le réel problème dès le départ

Trop souvent, nous sommes séduits par les prétendues solutions et les meilleures pratiques dont nous avons entendu parler lors d'une conférence ou dans un livre. Suite à cela, il peut arriver que nous cherchions une sphère de notre vie afin de la tester.

Au lieu de cela, nous devons d'abord nous concentrer sur la clarification du problème que nous essayons de résoudre. Ensuite, nous pouvons procéder à la recherche d'une solution logique et écologique pour notre business.

3.  Lorsque quelque chose est appelé « meilleure pratique », respirez et prenez le temps et le recul !

Lorsque nous entendons parler de « meilleure pratique », plusieurs présomptions surgissent. La prochaine fois que vous entendrez l'expression « meilleure pratique », laissez votre sceptique intérieur (sans négativisme ou pessismisme) et commencez à poser des questions telles que :

a) Qui a dit que c'était une bonne pratique?
b) Qu'est-ce qui en fait une meilleure pratique (c'est-à-dire où est la preuve)?
c) Comment savez-vous que c'est une pratique ou une solution idéale pour notre business?

Rappelez-vous... il n'existe pas de « meilleure pratique ». Il n'y a que des pratiques. Vous avez fait le choix de vivre la vie d'entrepreneuriat. Assurément, c'est à vous de décider si la « meilleure pratique » est VOTRE prochaine solution que vous devriez mettre en place dans votre business.

Maintenant, est-ce qu'il vous est déjà arrivé de tomber dans le piège des « meilleures pratiques »?

Laissez-nous vos commentaires ou questions dans la boîte ci-dessous.

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